Le Trièves

Coincé entre 3 massifs montagneux, il y a un petit triangle des Bermudes de l’Isère où viennent se perdre les néo-ruraux en mal de verdure et en quête de vraie vie. Petit coin d’hyperactivité associative et rurale que même Giono (a.k.a. le boss de la littérature rurale) portait dans son coeur.

Pendant le séjour on a eu la chance de passer à une fête paysanne organisée avec la Confédération Paysanne, à la ferme du mont Inaccessible. Située juste au pied de cette fabuleuse montagne digne des plus beaux films d’indiens : le Mont Aiguille de son autre nom. On a appris plein de choses sur la tonte des moutons et puis aussi sur toute la main d’oeuvre nécessaire pour obtenir de la laine. Yannick nous a même fait une petite démo. Il y avait aussi une cardeuse de laine écossaise. Ce petit monde se regroupe et aimerait à terme relancer une filière de la laine dans la région. Courage.

C’est l’occasion pour nous de faire une belle promenade avec vue sur le Vercors, juste avant les premiers flocons de la saison.

Pendant notre séjour, nous avons fait le détour par Notre Dame de la Salette – au dessus de Corps (et âme). Après Lourdes, c’est le place to be du catholicisme. Le mythe fondateur : Deux bergers illettrés, jeunes et innocents, ont rencontré une femme tout en blanc. Elle pleurait et a commencé à trasher les humains qui sont tout pourris et qui croient plus en elle. Bref, elle leur a demandé de faire passer le mot sous forme d’une tirade de 30 lignes. En revenant, ils ont relaté mot pour mot l’histoire et demandé à tout le monde d’aller plus souvent à la messe. Pour finir, la dame s’est carapatée vers les cieux, se la jouant fille de l’air. Tout ça a été certifié par toutes les autorités religieuses, façon fact checking à l’ancienne. Superbe occasion de construire une église, un couvent et des boutiques à souvenir. Mais surtout, Arcabas a eu la bonne idée de venir y peindre quelques chefs d’oeuvre.

Le Trièves c’est surtout deux villes : Clelles et Mens. Petite préférence pour cette dernière: son café des sports (on en parlera plus tard), sa radio associative : radio Dragon, un petit temple, le marché du samedi, le moment social inratable …

Le Trièves c’est aussi l’autre pays de Giono. Ceux qui connaissent l’oeuvre de ce maître savent bien qu’il louait la Provence dans ses textes. Mais il a aussi passé pas mal de temps dans le coin. Je vous conseille Les vraies richesses qui se passe en grande partie dans le village de Treminis. Moult coïncidences – ou signes suivant le niveau de mysticisme : on rôde sur ces terres, Yannick notre hôte est un grand fan, il me prête les livres que je n’ai jamais pu trouver. Il nous indique aussi le musée Giono tout proche. ça sera l’occasion d’une escapade. Et arrivant sur le lieu, on croise Nalid rencontré précédemment à Eourres. Il est de passage pour venir chercher l’ânon de son ânesse. Tout ça loin de chez lui. foufou.

Enfin, plein de randos dont celle dite des passerelles du Drac. Ponts suspendus au dessus d’un lac de barrage.

La ferme de la Salamandre

Pour nous aussi, c’est la rentrée! On se lève tôt pour aller rencontrer les paysans boulangers gardiens de moutons! Cette fois nous sommes dans le Trièves, région coincée entre le Vercors et le Devoluy, à peine à 40 minutes de Grenoble.

On se fait accueillir par un chien immense, avec des pattes de derriere à 7 orteils. Un bosseron. Nos hôtes sont en pleine fournaise, en train de cuire le pain. Ils ne semblent pas satisfaits de leur fournée. On la goûte le soir même. C’est le meilleur pain qu’on ait mangé depuis quelques jours!

Pour le premier jour, nos tâches ne sont pas trop fatigantes : cueillette de mûres et de prunes, puis tri de grain : il faut séparer la cameline d’un mélange de graines diverses.

 

On aussi participé à la fabrication du pain. Pierre a pu défourner, c’est technique ! A la Salamandre, ils font pousser leurs céréales (en grande partie). Ils meulent leur farine, font des mélanges et font 2 fournées par semaine.

 

Pour trier le bon grain de l’ivraie, ils ont une machine qui vient d’Allemagne de l’est. Ca souffle, ca tourne, ca vrille. Ca fait penser à Jules Vernes. Il y a aussi un moulin qui fonctionne toutes les veilles de fournées

 

En plus de tout ça, il y a un beau cheptel de brebis. On tond regulierement leur toison et elles ne sont pas là pour leur lait ou leur viande. Yannick était berger pendant quelques années et maîtrise la tondeuse comme personne. Il est passionné par la laine et tout ce qui va autour. Il a pu nous montrer ses talents lors d’une démo. Quand on le lance sur le sujet des concours de tondeurs de mouton il est intarrisable. Il est train de récuperer du matériel professionnel pour carder la laine et remonter un réseau de travailleurs de la laine dans le Trièves. Combat noble et plus qu’ambitieux. On a hâte de vous en parler davantage !

En plus de ça, il y a plein de chats qui traînent dans cette belle ferme:

 

Pendant notre séjour, les tâches seront variées : cuisine, cueillette, assistance boulanger, tri d’oignon, garde de moutons, clôture des parcs, livraison de pains dans tous les magasins bio du Trièves…

Au final, on a appris beaucoup de choses et on a pu constater que le réseau agricole, associatif et artisanal était hyper dense en Trièves! De quoi nous donner envie de vous pondre un article spécialement dédié à cette superbe région.

Chartreuse et Matheysine

Grenoble : promenade familiale sur la Bastille, on redescend avec les célèbres oeufs. C’est l’occasion aussi de visiter un parking hélicoïdal, début vingtième, en gestion communautaire.

Ensuite, on grimpe direction le Sappey en Chartreuse!

On trouve un petit coin très sympa, au milieu des montagnes, pour passer la nuit. Comme nous sommes juste à côté de St Hugues en Chartreuse, nous profitons de la matinée suivante pour aller visiter une chapelle hors du commun ! Elle a été entièrement décorée par un artiste récent, Arcabas, peintre mystique. Les oeuvres sont éblouissantes et l’ambiance tout à fait particulière. Cette chapelle est l’oeuvre de sa vie. Il l’a peinte, sculptée, façonnée pendant plus de vingt ans.

Enfin, on se dirige vers ce pour quoi on était venus : l’inénarrable Festival des Baluchons! L’occasion d’écouter du bon son, de patauger allègrement sous un chapiteau, de voir un spectacle fort lol (Barbe-Bleue 2.0) et de déguster un drôle cocktail à base d’on ne veut pas trop savoir quoi. Enfin, climax de la soirée, on croise deux anciens potes de fac de Pierre! Pas vus depuis 10 ans et ils se croisent perchés sur une montagne au milieu de nulle part.

Le lendemain, rien de tel qu’une grande ballade, à l’assaut de la Chamechaude (véritable autoroute pour tous les Grenoblois en cette saison et point culminant du massif de la Chartreuse).

Puis, nous quittons Grenoble en direction du Trièves. Bref passage par la Matheysine. Un petit camping pour le plaisir inégalable de prendre une douche chaude ^^. Le lendemain, c’est la rentrée : on commence notre premier jour à la ferme de la Salamandre.

La Provence – bis

Oyez! Avant-propos : on est de retour!

Après une pause de voyage et d’écriture, on reprend la route et la plume. En cause, un retour dans les montagnes, une escapade au Japon et plein d’autres aventures qui vous seront contées bientôt. Mais reprenons le cours du récit, où on l’avait laissé.

Exit la région Occitanie, et rebonjour PACA. Escale dans la garrigue, pour goûter le raisin et les figues. Les copains sont toujours là et la piscine ne l’est plus pour très longtemps.On fera de la garbure et des ripailles de mets du sud ouest, faisant couler le tout avec un magnum de Cahors. Des kilograppes de raisin sont cueillies pour finir en jus et en confiture. Des kilos de mûres aussi, qui finiront directement dans les estomacs.

 

Quand le sort est jeté, on doit partir. On traverse les baronnies, nous voilà de retour dans la vallée de la Méouge, en terre d’Eourres. Revoici Julie et Simon qui avancent dans leur projet de ferme pédagogique. On les aidera à retaper les serres et à planter du sorgho, entre 2 séances de thérapie à base de chatons.

 

Laragne, ville un peu sinistre… Pause Wifi et serveur friendly. Entre déprime et séance de ciné, on décide de filer. A Gap arrivés, la pluie a commencé. Haut perchés, la vie vagabonde accompagnée de courgettes chasse les mauvaises pensées.

Gap sous la pluie, manif de soutien pour une fonctionnaire solidaire de personnes migrantes, virées du ministère de la justice. Très peu de monde sous la tente de circonstance. Route Napoléon pour atteindre Grenoble, session bloc pour les bras et Le Hussard sur le toit, pour dormir.

Ô Languedoc

A Castres, nous avons assisté à une parade militaire de grabataires. Éclusé une librairie-papeterie pour ne finalement rien acheter, bu du Cacolac en critiquant tout ce qui passait et fini par mettre les voiles en lâchant au passage un coup de klaxon, désormais coutumier de la manigance. Et admiré les maisons penchées au dessus de la rivière, sorte de sous-Amsterdam languedocien.

Avons roulé sans pause, jusqu’au soir et jusqu’à ce que la route s’arrête, tout naturellement, en haut d’une colline. Nous arrivions dans la cour d’une maison, devant une tablée joyeuse en train de souper. Ils nous ont accueillis avec sourire et nonchalance, et nous ont laissés passer la nuit dans leur jardin (grand!)

Pour la journée d’anniversaire de Pierre, il allait sans dire que nous allions faire un peu d’escalade. Dans une gorge des plus fréquentées – mais après tout, pourquoi pas, passer son mois d’août en France profonde, avec le sentiment de se faire une virée par le métro de Tokyo?

Bien avisés par les conseils de l’officieuse de tourisme d’un de ces plus beaux villages de France ™ , nous échouons en haut de la montagnette , près d’un hameau nommé Douch. Plus précisément, on se collera près de l’église excentrée et de son cimetière. Nous avons demandé la permission aux morts pour dormir auprès d’eux. Qui ne dit mot consent.

Promenades, les jours suivants. Parfois le paysage en venait à changer tous les cinquante pas, nous étions en train de passer par les niveaux et les mondes d’un jeu vidéo.

Et puis juste avant d’atterrir dans la Drôme, nous sommes passés par Celles. Village rescapé, tout petit dans son désert de pierre rouge (dite ruffe). L’édification d’un barrage, dans les années 70, l’avait condamné à muter amphibie. Histoire de mieux irriguer la sacro-sainte vigne nationale. Mais maladresse des ingénieures ou miracle des lois lacustres, Celles est demeuré bien au-dessus du niveau des eaux, à quelques mètres du rivage. On vient de partout se tremper dans le lac de Salagou et s’accrocher, baigneurs et baigneuses-oiseaux, sur les cimes des arbres qui dépassent encore. Village déserté, donc, mais faisant actuellement l’objet d’un projet de réhabilitation. Futures habitantes et habitants sont cordialement invités à venir s’installer pour gratis, en échange de quoi, ils et elles s’engagent à restaurer leur habitat et à occuper des postes tournés vers le savoir-faire et les techniques de l’environnement. A bon entendeur…

Toulousie et les environs

Après ce tourbillonnant séjour en Quercy, cap sur Toulouse! Derrière nous la colline verte qui fait reposer les châteaux d’Eric et devant nous les vallons creusés par le Tarn ou la Garonne. Alors, on prend les brides de notre monture de fer et de gasoil, et on le traine à travers la campagne et ces villes bien typiques du sud-ouest :

Alors, on a vu la Penne d’Agenais, avec les ruines du château de Richard Coeur de lion et un lieu de culte majeur dédié a la Vierge.

 

Plus tard, on fera halte à Villeneuve-sur-Lot, charmante sous-préfecture du Lot. Le ciel y est couvert d’une constellation de ballons dirigeables. Pour cause, une compétition de montgolfières se déroule à quelques kilomètres.

 

On passera par la ville non-natale de Pierre, Agen. Occasion de voir une copie de Gaudi, de vieilles pierres et une porte de garage qui nous a tape dans l’œil.

 

En traçant la route a l’ouest, en direction de la méditerranée et surtout de Toulouse, on trouve une cité plantée près sur la jonction du Tarn et de la Garonne. Le massif central y rencontre aussi les Pyrénées. Leurs eaux mélangent les éléments granitiques et calcaires. Pays plat fait pour la circulation fluviale, c’est normal d’y trouver des canaux. Le plus fou d’entre eux enjambe le Tarn!

 

Moissac, outre son muscat, est connu pour son abbaye. Il semblerait que ce soit la plus ancienne de France, d’après les historiens. Dans la cathédrale, on trouve des sculptures de bois peint, d’un réalisme saisissant. Dans la cour abbatiale, des sculptures uniques parcourent toutes le long de la travée. Il semblerait que ce soit un exemple de l’art moyenâgeux.

Plus au sud, le long de la Garonne, il y a Montauban.

 

Finalement, on arrive en terre promise. Toulouse, ses bières bonnes, ses briques roses et son Florent Paris fait de moustache et de créativité. On découvrira le circuit bending grâce aux doigts habiles de notre ami musicien explorateur. Cette pratique consiste à détourner des objets électroniques sonores en allant directement trifouiller dans leurs circuits imprimés. Pendant notre séjour, Hors Sujet a bricolé des K7, un lecteur de cassettes, un discman.

Après un tour a Emmaüs, on rapportera des jouets pour enfants. Aussitôt démonté, on fait des court-circuits pour trouver ce qui commande la vitesse. Ça fait accélérer les voies, donne des effets bizarroïdes et caverneux et on rigole.

 

On a aussi vu des statues inertes et vivantes, de l’architecture urbaine qui peut avoir une certaine esthétique, une poutre réparée a la brique!!, la plaque la plus WTF jamais vue, des gens très polis :

des canaux, des collines, des arbres…

Le Quercy

Entre les virées en 2cv et le montage d’une maison en bois, nous profitons de nos après-midi. C’est le bon plan du wwoofing chez Eric : on bosse le matin et l’après-midi c’est quartier libre. Alors on visite cette belle région faite de gras de canard et de vin puissant.

 

Tout d’abord, le festival du Père Quepas à Montaigu en Quercy, pris en main par le collectif des AJT du Q. Coïncidence superbe, la semaine de notre présence un petit festoche est organisé. Sorte du bal du village surboosté croisé avec des délires d’artisans sculpteurs. Pendant une semaine, des tailleurs de pierre, charpentiers, ferronniers d’art,… se rejoignent toute la journée et travaillent sur un oeuvre pharaonique. Le but est de présenter la création le dernier soir, clou du spectacle de la semaine festive. C’est un marathon d’artisan, un artisanathon?

Entre les journées de travail, il y a des soirées de fête qui s’intercalent. L’ambiance est top : fauteuils dehors, toiles de navires au ciel et pluie fournie qui n’empêche pas les transis de danser. De très bons groupes, DJ Kosmo Pilot qui assure tous les afters, des repas végé délicieux servis par des mecs en blouses à fleurs.

 

Fidèles adorateurs du totem carnavalesque, grandissant chaque jour, nous avons été présents trois soirs sur 7. Et voici que vient le dernier soir, le plus important. Le soir où il y a le plus de monde aussi, c’est samedi soir. Les créateurs ont du retard, encore en train de fignoler et de souder à 23 heures alors que la présentation est prévue à 21h. La tension monte, de plus en plus de monde s’agglutine autour des rubalises. On se bouscule un peu pour assister au montage et comprendre ce qui se trame. La sculpture doit mesurer 3 ou 4 mètres de haut. C’est une figure de bascule. D’une part, l’oiseau (articulé, siouplait) et de l’autre, le nid et son oeuf en pierre massive. On nous souffle que le tout pèse 8 tonnes. Puis, attention, silence et spectacle. Un manitou avance et tend son bras télescopique pour monter le nid de géant. Toute la partie délicate réside dans la mise en équilibre des deux parties. Des tiges d’acier retiennent l’ensemble. On nous fait reculer, dans la lumière des spots, la foule retient sa respiration… La balance se met en tension, la structure craque, les mâchoires se serrent et soudain l’une des tiges d’acier cède avec un claquement puissant. Déception ambiante. On se regarde, on ne sait pas trop… Puis la musique reprend. Tant pis, ils feront mieux l’année prochaine.

 

Les concerts commencent et la fête continue! On en gardera tout de même un bon souvenir.

Autre joyeux souvenir: Tournon-en-Agenais, bastide de la région d’Agen. On y goûtera le calme et un thé à l’amande. Laure écrit, Pierre dessine les ruelles et ils sont contents de leur travail.

 

Le bruit de mobylettes nous sort de cette concentration et jure avec le décor. A y voir de plus près, c’est une bande d’aficionados de la mobylette (oui ça existe), avec des brelles toutes belles… On repasse à Tournon quelques jours plus tard pour la (célèbre?) foire aux tourtons, sorte de tarte tatin agrémentée de jolis bigoudis faits de pâte feuilletée caramélisés au sèche-cheveux. C’est plus cher que ça n’est bon.

 

Depuis quelques temps, nous sommes redevenus des lecteurs assidus. Et ce qui tombe drôlement bien, c’est la présence, dans chaque ville, chaque bourgade, de ces petites cabanettes à livres. Alors on y trouve un peu de tout, et sans doute plutôt moins que tout, dans la mesure où, servant de débarras, ces petites boîtes se font souvent le réceptacle des lectures devenues inutiles, encombrantes, voire honteuses. Au hasard : des manuels de première années de fac de droit, des classiques incontournables des années collège, un bonne proportion de collection Arlequin, enfin de petites horreurs comme le manuel du paradis fiscal, le Cercle des gagnants (vous expliquant comment le rester puisque manifestement vous l’êtes déjà), ou bien la parfaite marche à suivre pour manipuler les hommes. On se régale. Et parfois même on trouve véritablement de quoi se mettre sous la dent, moyennant un échange glané sur la boîte à livres précédente.

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Et puis dans le Quercy on y aura grimpé (forcément), vu Fumel, ville vraiment pas top, bu beaucoup de vin de cahors, assisté à un marché gourmand et musical, et mangé un duck burger. On se souviendra des séances de cinéma du mercredi chez Eric (avec le groupe électrogène en guise de fond sonore), du vent d’Autan, de Montaigu en Quercy, des prunes et des mûres.

 

Les Châteaux d’Eric

Imaginez, perché sur une petite colline, un fouillis de vigne et de végétation. Juste devant, deux deux-chevaux. Une blanche, une rouge. Cabossées, vieilles et toussottantes, mais encore vivantes! Et puis derrière les entrelacs de feuilles et de branches… Le château!

Réunion de cabanes 5 étoiles, entièrement construites a partir de récupération de portes anciennes, de fenêtres hautes, de vieilles poutres de bois tors. Le monde d’Éric est peuplé de tourelles et de recoins, plein-rabord de trouvailles en tout genre. On y a d’ailleurs été reçus comme des princes. Notre suite royale : un temple bouddhiste. Champagne à l’arrivée, champagne au départ. Excellent vin les autres soirs.

Et ce qu’on y faisait? La construction du château numéro 2 quelques mètres en contrebas. Appelé celui-là Petit Château (de dimensions bien moindres). Deux jeunes woofeuses nous ont rejoint pendant une semaine. On était donc 5 sur le chantier. Il a fallu poncer des brassées de planches et monter des solives approximatives en prenant toujours bien garde à ne pas abîmer les arbres fruitiers alentours. Très gratifiant d’assister à l’assemblage d’un parquet, à la mise en place de fermes et enfin, à la pose d’un toit!

Notre journée-type : réveil 7h30, session yoga de 30 min, petit-déjeuner puis au boulot! Durant le chantier, nous prenons aussi soin du jardin : élagage d’abricotier, confection d’arroseur-doseur pour les autres arbres, désherbage pour futur poulailler, terrassement à la pioche. Pause thé vers 11 heures, avec délicieux gâteaux. Puis nous reprenions nos activités jusqu’à 13 heures. L’après-midi, nous avions quartier libre. Seuls les deux derniers jours ont été complets, histoire d’avancer des tâches pour lesquelles il fallait être plusieurs.

On a aussi assisté et participé à un spectacle rare. Eric fabrique des fromages. Tous les jeudi soirs, il fait sa tournée pour les vendre. La deux-chevaux la plus vaillante (la blanche) est réquisitionnée. On se fait installer a l’arrière comme deux gosses. Devant, ce sont Eric et les fromages, et roule ma poule! Cahin-caha, pétaradant, couissant, crinant, nous voilà bondissant par collinettes, au milieu des vignes, des chênes et des bocages, à la rencontre des amis d’Eric.

Entre les maisons de campagne, les hameaux de vieilles pierres, les maisons fabuleuses et les domaines viticoles, on se fait inviter à chaque fois! Et de nous faire visiter les lieux, les jardins, les salons. Au domaine (Au Vent d’Autan), on se voit offrir toute une dégustation, ainsi que deux bouteilles à demi entamées. Arrêt suivant, on nous offre des parts de pizza, et puis l’apéro. Du coup, on sort les bouteilles de l’arrêt précédent. Au final, la tournée des fromages a duré trois heures et on n’a pas fait plus de 20 kilomètres! Mais on s’est bien amusés! Et on rencontré des personnages extra : un couple de hollandais qui n’a pas semblé insensible à notre charme de main d’œuvre gratuite, un responsable des partitions de l’Opéra de Paris, qui jouait de la flûte de Pan, une ancienne responsable de la Confédération paysanne, mélomane et vigneronne retraitée, un vigneron qui entend revendre ses quartiers (négociation a partir de 650 000 euros, pour les motivés), un couple de grimpeurs – rénovateurs de vitraux, un paysan à la retraite renfrogné, et enfin le producteur du lait de chèvre, chez qui on est venus chercher le lait nécessaire à la prochaine confection, et la boucle est bouclée!

Thanks a Lot (et Garonne)

Après avoir quitté Garza Loca, on a roulé vers l’ouest, direction Cahors. On a profité de cette transition pour grimper un peu, faire des balades et visiter les marchés locaux. Joli site de bloc de Cregols, Pierre boucle le parcours bleu (niveau moyen) pour se remettre en jambe. Ça ne monte jamais très haut (3 mètres maximum) mais le danger vient du sol. On a croisé un beau serpent bicolore!

 

Alors voilà quelques photos en vrac. Le Lot, à quelques encablures de Saint-Cirq-Lapopie. On a dormi a côté d’une écluse. L’occasion de discuter avec des vacanciers en péniche, nostalgiques de leur ancien T3.

 

Cahors : on y a rencontré une libraire  qui nous a tenu un discours passionné sur les premières éditions des livre de poche. Discours efficace, d’ailleurs, puisqu’on l’a dévalisée – beaucoup de Giono. On a aussi servi d’attraction à un petit train de touristes, avec un guide non moins disert.

 

Et puis quelques photos bucoliques en vrac.

 

Bisous à tous 🙂

Garza Loca – le plan

Pour clôturer ces 10 jours dans le collectif aveyronnais, notre quatuor de mains habiles a concocté un plan du tonnerre. Bien entendu, rien n’est exact et à l’échelle (on n’a pas la lévitation infuse) mais tout est soigneusement stylisé.

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