La ferme de la Salamandre

Pour nous aussi, c’est la rentrée! On se lève tôt pour aller rencontrer les paysans boulangers gardiens de moutons! Cette fois nous sommes dans le Trièves, région coincée entre le Vercors et le Devoluy, à peine à 40 minutes de Grenoble.

On se fait accueillir par un chien immense, avec des pattes de derriere à 7 orteils. Un bosseron. Nos hôtes sont en pleine fournaise, en train de cuire le pain. Ils ne semblent pas satisfaits de leur fournée. On la goûte le soir même. C’est le meilleur pain qu’on ait mangé depuis quelques jours!

Pour le premier jour, nos tâches ne sont pas trop fatigantes : cueillette de mûres et de prunes, puis tri de grain : il faut séparer la cameline d’un mélange de graines diverses.

 

On aussi participé à la fabrication du pain. Pierre a pu défourner, c’est technique ! A la Salamandre, ils font pousser leurs céréales (en grande partie). Ils meulent leur farine, font des mélanges et font 2 fournées par semaine.

 

Pour trier le bon grain de l’ivraie, ils ont une machine qui vient d’Allemagne de l’est. Ca souffle, ca tourne, ca vrille. Ca fait penser à Jules Vernes. Il y a aussi un moulin qui fonctionne toutes les veilles de fournées

 

En plus de tout ça, il y a un beau cheptel de brebis. On tond regulierement leur toison et elles ne sont pas là pour leur lait ou leur viande. Yannick était berger pendant quelques années et maîtrise la tondeuse comme personne. Il est passionné par la laine et tout ce qui va autour. Il a pu nous montrer ses talents lors d’une démo. Quand on le lance sur le sujet des concours de tondeurs de mouton il est intarrisable. Il est train de récuperer du matériel professionnel pour carder la laine et remonter un réseau de travailleurs de la laine dans le Trièves. Combat noble et plus qu’ambitieux. On a hâte de vous en parler davantage !

En plus de ça, il y a plein de chats qui traînent dans cette belle ferme:

 

Pendant notre séjour, les tâches seront variées : cuisine, cueillette, assistance boulanger, tri d’oignon, garde de moutons, clôture des parcs, livraison de pains dans tous les magasins bio du Trièves…

Au final, on a appris beaucoup de choses et on a pu constater que le réseau agricole, associatif et artisanal était hyper dense en Trièves! De quoi nous donner envie de vous pondre un article spécialement dédié à cette superbe région.

Garza Loca!

La campagne aveyronnaise, vous connaissez? A vrai dire, on n’en avait pas tellement entendu parler avant avril 2016, date à laquelle on a fait notre premier petit voyage de prospection des alternatives en France. Alors maintenant qu’on a vraiment du temps devant nous, et comme on avait beaucoup aimé les rencontrer la dernière fois, on est retournés voir le collectif de Garza Loca!

Cette fois, nous n’étions plus dans une communauté, mais dans un collectif : l’objectif, c’est de partager le lieu de vie et de travail, d’en être collectivement propriétaires. Les Garziens ont entre 27 et 30 ans, ils ont constitué le collectif en 2012 et se sont installés ensemble il y a 4 ans.

Pour acheter les lieux, ils se sont constitués en SCI (Société Civile Immobilière, pour celles et ceux qui n’aiment pas les acronymes). L’aspect légal de ce genre de choses est très important, même si à première vue, c’est moins glamour que la communauté corse. Il y a ensuite plusieurs statuts juridiques, en fonction des activités des unes et des autres. Entrepreneurs et statuts agricoles divers. En plus de cela, ils ont une association, La Tambouille, qui gère l’accueil aux publics, l’organisation des fêtes, l’événementiel en tout genre et le compagnonnage (réseau REPAS, on vous laisse aller jeter un œil). Par mois, chacun-e donne une certaine somme pour la cagnotte commune, ce qui permet de payer toutes les factures (eau, électricité), assurances, courses, travaux, etc…

C’est le club des 6 ! Une psychomotricienne, un charpentier, un herboriste et deux maraîchers avec une chienne nommée… Loca. Deux autres personnes viennent aussi travailler régulièrement (un métallier et un charpentier). Ils occupent l’atelier pour un loyer modeste et ne vivent pas sur le lieu.

Il y a aussi plein d’autres activités : des pâtissons à la russe, des poules, des abeilles, des festivals, des conférences gesticulées… C’est tout un monde autour du collectif, un vaste réseau associatif, local et moins local, ainsi qu’un tissu d’entraide et de militantisme bien dynamique. On est bien loin de l’image répandue de trou du cul du monde isolé, on vous en parlera en détails bientôt.

In situ, ça donne : un terrain de 4 hectares avec 7 serres, un atelier gigantesque avec machines pour la charpente et la métallerie. Une salle de transformation (pour conditionner les plantes, les transformer en tisanes, liqueurs, conserves), un séchoir pour l’herboristerie, une salle des fêtes, un corps de ferme principal avec des pièces communes, des chambres et un dortoir pour les visiteurs. Un camping est prévu pour les années  à venir.

Durant la journée, chacun se consacre à son activité professionnelle. Chaque semaine, ils ont une grande réunion (d’abord, un tour de table pour savoir l’humeur de chacun, puis discuter de l’accueil et répondre à diverses questions d’ordre logisitque : qui fait à manger? quels jours? qui utilise les voitures? qui s’occupe des tâches ménagères, des courses, etc?) Ils ont aussi des réunions de fond, qui abordent de sujets plus vastes et plus abstraits : des thématiques telles que la propriété ou finance. Enfin, ils dédient une réunion mensuelle à la comptabilité.

Nous avons aidé pour le maraîchage (juillet, c’était le moment de récolter tomates, concombres, blettes, pâtissons, oignons) et la préparation des légumes pour le marché.

Et puis nous avons aidé pour un chantier : la construction d’une mezzanine dans le hangar atelier pour créer un atelier pour le collectif (hors professionnel). Ça a été l’occasion d’apprendre à faire un étage, poser chevrons et solives, larder des clous, manier une perceuse de dimension Godzilla et déguster 300 kilocalories de poussière…

Le reste du temps, Pierre s’est lancé dans la construction d’un coffre multifonction pour le van et Laure a travaillé sur la plaquette de présentation de notre plan d’avenir (on vous en parle d’ici quelques mois).

Ils ont aussi une réserve phénoménale de BD, un rétroprojecteur, et ce sont des joueurs passionnés. On ne s’est jamais ennuyés le soir! Enfin, on y a appris énormément de choses et on sent qu’on a fait des pas de géants dans notre cheminement. Difficile de les quitter. On reviendra, c’est certain.

P1120771